Le colonel Bernard Tomalak

Le colonel Bernard Tomalak est un gradé de gendarmerie sur le territoire français, vraisemblablement brillant puisqu'il a été récompensé au début des années 2000 par la Légion d'honneur.

Il était « attaché de sécurité intérieure » auprès de l'ambassade de France au Congo-Kinshasa au moment où nous avons eu l'annonce de l'enlèvement en 2008.

Nous avons été mis en contact avec le colonel par un autre fonctionnaire du ministère des Affaires étrangère, Jean-Pierre Galland.

 

Le contexte de notre mise en relation

Aujourd'hui avec le recul, il apparaît assez probable que, lorsque nous avons été mis en contact avec le colonel, celui-ci ou son correspondant hiérarchique au sein du ministère des Affaires étrangères (Jean-Pierre Galland) aient pensé que l'affaire du kidnapping était une tactique pour obtenir le regroupement familial de nos deux filles bloquées au Congo depuis quatre années.

Je rappelle qu'il est terrible que des enfants de 8 ou 10 ans soient séparés durant d'aussi longues périodes du seul parent avec lequel ils vivaient. C'était dû à l'époque d'un racisme plutôt ambiant contre les Noirs (Afrique sub-saharienne et Antilles) et les mariages mixtes, essentiellement sous Nicolas Sarkozy. La bêtise administrative, la volonté de présenter des « bons chiffres » pour les élections, etc., tout ceci a contribué à porter atteinte à notre vie familiale, ensemble.

Il est possible que le colonel ait été touché par notre situation, et qu'il ait décidé de « jouer le jeu » en accréditant la thèse du kidnapping.

 

Les erreurs du colonel par rapport à l'annonce du kidnapping

Je réalise depuis ces dernières années que le colonel Tomalak va éviter de laisser beaucoup de traces écrites. Tout ce qu'il nous donnait comme conseils était essentiellement oral.

Mais certains écrits que j'envoyais à l'époque ne supportent aucune équivoque.

mail au colonel

(E-mail envoyé dès le 6 mars 2008)

 

La connaissance par le colonel d'une obligation d'enquête

Le colonel savait dès sa mise en relation avec nous par le Quai d'Orsay qu'il s'agissait d'une affaire d'enlèvement d'enfant. En étant gradé de gendarmerie, il ne pouvait pas ignorer le droit ni commettre d'erreur d'interprétation sur le kidnapping que nous avions annoncé.

Pour être plus précis : que nous, simples Français en France, ne sachions pas, lorsque nous sommes victimes lors d'un déplacement à l'étranger, si les autorités françaises sont compétentes ou non est une chose.

Mais qu'une personne dont c'est le métier (être l'attaché de sécurité de l'ambassade de France correspond au « top niveau » en matière de sécurité des Français à l'étranger) se trompe sur l'application de la loi française, ce n'est pas possible.

Notamment :

  • lorsqu'un Français est victime d'une infraction à l'étranger, les autorités françaises sont compétentes ;
  • lorsqu'un Français, qui se trouve en France au moment des faits, est victime d'un piège 100 % monté à l'étranger (le cas de l'annonce du kidnapping pour que nous, Français, payions à distance), les autorités françaises sont compétentes ;
  • lorsqu'un enfant, rattaché à un parent qui se trouve en France au moment des faits (c'était le cas avec la maman), est victime d'une infraction à l'étranger, alors les autorités françaises sont compétentes ;
  • etc.

Les cas de compétences des autorités françaises lors de crimes ou délits à l'étranger sont très étendus.

Or, aucune enquête n'a été diligentée. Je rappelle qu'une enquête comprend l'audition des victimes et des personnes qui ont porté plainte. Cette audition ne consiste pas à recevoir quelqu'un autour d'un café ou par mail, mais par une audition et la signature conjointe d'un procès-verbal d'audition. Il n'y a rien eu de cela.

Aujourd'hui, avec le recul, je sais que le colonel nous mentait clairement lorsqu'il nous disait qu'il n'avait pas le droit d'enquêter. C'est faux !

 

Message du ministère, Tracfin et le relevé des numéros des billets

D'abord, lorsque nous avons reçu la demande de rançon, le ministère des Affaires étrangères a immédiatement été contacté, et la réponse de Jean-Pierre Galland, notre interlocuteur, est implacable : ils connaissaient l'histoire (on peut écouter son message, laissé sur mon répondeur).

Audio file

Ensuite, en France, on ne paye pas de gros montants d'argent en liquide sans informer les autorités de la provenance et la destination de l'argent. Ma grand-mère est l'une des personnes qui a le plus payé parmi les membres de la famille. Avant qu'elle puisse retirer l'argent de sa banque, nous avons dû fournir les justificatifs du paiement de la rançon pour Tracfin (l'organisme français qui « trace » les mouvements d'argent suspect). Nous avons transmis les documents qui montraient qu'il allait s'agir d'un paiement de rançon. Il y a eu des enquêtes internes, qui ont forcément abouti au colonel qui a laissé passer le paiement.

Enfin, j'avais fait relever les numéros des billets de 100 $ pour y faire opposition par les petits changeurs de rue (une sorte de marché noir des devises, très actif dans la capitale) : je prévoyais de doubler ou tripler la valeur de tout billet rapporté.

Lorsque j'ai transmis ces listes de 16 pages au parquet d'Aix-en-Provence, il n'y avait plus d'erreur possible quant à la réalité du paiement de la rançon.

 

La prise de conscience de la réalité de la rançon et le double langage du colonel

Le colonel pouvait avoir eu une erreur d'appréciation au mois de mars par rapport à la réalité du versement de la rançon. Toutefois, la situation a dérapé avec l'accumulation des différents éléments, toujours depuis ce même mois de mars, 15 jours avant le paiement, combinés à la décision du colonel de faire obstacle à toute enquête.

Le colonel tenait alors un double langage :

  • avec nous, il abondait dans le sens de la réalité de la rançon, que nous devions payer ;
  • avec les autorités françaises, il niait l'existence du kidnapping.

Ainsi, lorsque j'ai déposé un recours devant le Conseil d'État pour faire revenir les filles après le paiement de la rançon, le ministère des Affaires étrangères nous disait, sans plus de détails, qu'il n'y avait pas eu de versement de rançon… Pourtant le colonel lui-même nous avait suivi dans cette affaire ! C'était à n'y rien comprendre, et je m'en plaignais par mail :

Image

mail au colonel

Ce qui se passait, c'est que nous étions en train de nous faire avoir par le colonel, mais nous n'en avions pas conscience. C'était le colonel en personne qui, du côté de son employeur, l'État, affirmait qu'il n'y avait rien eu, et, de notre côté, faisait semblant d'adhérer à notre cause. Je ne m'en apercevrai qu'en 2013, en ayant un doute mais sans aller plus loin contre le colonel (j'attribuerai ça à de simples erreurs), puis en 2015 j'acquerrai la certitude de son implication effective.

 

Le rôle caché du colonel

Dès avril 2008, soit un mois après la libération déclarée de l'enfant, le colonel a transmis des informations à sa hiérarchie sur la fausseté du kidnapping. Je me plains de cette décision administrative à lui par e-mail car je ne connaissais pas son rôle là-dedans.

Six mois plus tard, alors que j'ai porté plainte auprès du procureur d'Aix-en-Provence, il intervient là encore pour faire obstacle.

C'est à cause de ce blocage « à tout prix » que je vais me retrouver menacé de prison (alors que je suis victime) par une policière en 2012.

Classements sans suite abusifs

 

À partir de 2012

Le dérapage commence en 2012 lorsqu'une policière, Sylvie Bovo, me convoque et me menace de prison si je persiste à demander justice. Je rappelle, malheureusement, que les intimidations de policiers arrivent à plein de victimes, pas seulement à moi (par exemple,  dans des cas de viol, des femmes qui essaient de déposer plainte). La policière m'annonce agir sur instructions du parquet. Début 2013, ces gens-là font jouer leurs réseaux à mon encontre, avec les manœuvres d'agents du département des Bouches-du-Rhône, mais aussi une experte sociale désignée par le tribunal.

À l'époque je ne me doutais pas que le colonel pouvait être à la base de la tentative d'étouffement de l'affaire.

 

2014

Je retrouve la trace du colonel Tomalak qui a pris sa retraite dans un village de Normandie. Son numéro de téléphone est dans l'annuaire, et je l'appelle début avril 2014. Il est absent, je ne laisse pas de message. Il me recontacte. C'est alors que je me présente et me rappelle à son souvenir (on n'oublie pas une affaire de kidnapping…). Le ton de notre discussion me semble posé, je dois lui préciser par écrit mon affaire.

Puis entre temps, il y a l'histoire de ma porte défoncée avec des policiers niçois en planque devant mon domicile (mai 2014).

Durant l'été, je lui envoie la lettre que j'avais promise. Je l'appelle à l'époque « Cher Monsieur » car je ne connaissais pas son rôle caché dans l'affaire.

>> [Voir la lettre intégrale avec copie du courrier au ministère de la Justice]

3 mois plus tard, je suis convoqué par une policière chez un psychiatre.

Attention, je ne dis pas que c'est le colonel qui m'a fait convoquer en psychiatrie. Je pense qu'il a simplement demandé quelques années plus tôt de faire obstacle à l'affaire, mais sans définir de limite : jusqu'à quel point les policiers sont-ils admis à m'intimider ? Peuvent-ils aller jusqu'à m'envoyer en psychiatrie ?

Le problème reste qu'en donnant de telles instructions, il devient complice de ce qui va m'arriver.

Ensuite, je pense que ce n'est pas notre conversation téléphonique qui a débouché sur le piège avec ma porte fracassée, mais plutôt l'appel que j'ai eu avec le ministère de la Justice et Olivier Rabot quelques jours plus tard.

De même, ma convocation en psychiatrie semble également liée à l'affaire d'un espace boisé qui devait illégalement être rasé pour un projet immobilier du maire d'Istres, François Bernardini.

Le parquet d'Aix-en-Provence était en contact avec tous ces différents intervenants : le colonel en 2008, la DACG et Olivier Rabot, Bernardini et bien sûr la police. Le parquet s'est contenté de coordonner les différentes actions.

Frise

Le dernier contact en 2015

Fin 2014, je suis convoqué chez un psychiatre par une policière. Je fuis temporairement en région parisienne.

Avec les mois qui passent, et la gravité de ce qui m'arrive, je prends conscience du rôle du colonel, à mon encontre. Jusqu'à l'année précédente, j'étais dans un déni : je croyais à la bonne foi du colonel. Il n'en était rien, il était à l'origine, dès 2008, de tout ce qui me tombait dessus.

En 2015, je lui écris une dernière lettre. Cette fois je m'abstiens de lui écrire « Cher Monsieur » et je me contente d'un simple « Mon Colonel » (le « Mon » n'est pas un déterminant possessif mais l'abréviation, dans l'armée, de « Monsieur Colonel »).

>> [Voir la lettre envoyée au colonel Tomalak en 2015]

Le colonel ne donnera jamais suite à ma lettre.

Comment forcer le colonel, en 2020, à rattraper ses fautes

Je vais utiliser la même méthode que j'ai employée contre ma sœur (dans son cas, il s'agit de récupérer les fausses déclarations de psychiatrie qu'elle a faites à mon encontre). Je rappelle que je risque toujours d'être extradé et envoyé en hôpital psychiatrique ou en prison sur la base de faux témoignages policiers !

Le colonel a été maire de son village, Colomby-sur-Thaon, avant que celui-ci ne fusionne avec le village voisin, pour former Colomby-Anguerny.

Je vais donc écrire à des personnes choisies au hasard dans sa rue et dans son village, pour qu'elles aillent discuter avec le colonel et que celui-ci conçoive de faire marche-arrière par rapport aux instructions qu'il a données à mon encontre.

Le principe est tout simple : le colonel, comme d'autres personnes dans cette affaire, profite du secret pour faire perdurer une situation criminelle. Il faut briser le silence autour de ses actions, autour des ordres qu'il a distillés, pour qu'il se rétracte et que je retrouve ma sécurité.